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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 09:45

 

 

Le prochain PDG de La Poste devra palier les effets de la baisse structurelle du courrier, et apaiser les polémiques sur les conditions de travail.

Jean-Paul Bailly va laisser derrière lui une entreprise profondément transformée. - André Tudel/Groupe La Poste
Jean-Paul Bailly va laisser derrière lui une entreprise profondément transformée. - André Tudel/Groupe La Poste

Changement de statut en société anonyme , lancement de la Banque Postale et de la Poste Mobile … Jean-Paul Bailly laissera derrière lui une entreprise publique profondément transformée. Mais si la rentabilité a toujours été au rendez-vous (avec un bénéfice de 479 millions pour 2012), l’avenir s’annonce nettement plus difficile, et le prochain PDG devra relever plusieurs défis.

Le déclin inéluctable du courrier

La fin du contrat avec Canal+ pour l’acheminement du magazine des abonnés (une perte de chiffre d’affaires de 60 millions sur 5 ans) en a fourni une illustration récente : le principal métier du groupe (11,4 milliards de chiffre d’affaires l’an dernier) devrait voir ses volumes baisser de 5 à 6 points par an en moyenne d’ici à 2018. Et les initiatives prises jusque là pour diversifier l’activité des facteurs (collecte de papier à recycler, portage de médicaments... ) peinent à décoller.

Jean-Paul Bailly a développé l’acheminement du courrier en J+2, plus économique, avec la mise en place de la Lettre verte , mais sans s’attaquer frontalement au dogme du J+1, jugé pourtant obsolète par certains experts à l’heure d’Internet. Le nouveau patron osera-t-il franchir le pas ?

La montée de la concurrence sur le colis-express

Avec 1 milliard de colis traités l’an dernier et une croissance annuelle moyenne de 8 % depuis 2002, le colis-express est un relais de croissance clairement identifié, qui bénéficie à plein de l’essor du e-commerce. Mais derrière les satisfecit, pointent des préoccupations montantes : la pression à la baisse sur les prix tout d’abord, qui rabotent les marges. « On se bat au centime d’euro », rapportait récemment un dirigeant de La Poste.

Surtout, la concurrence de la part des trois géants du secteur (UPS, FedEx et DHL) devrait se faire plus pressante à l’avenir, dans un métier où les volumes traités, et donc la taille, comptent beaucoup. La Poste a de solides positions en Europe, mais une très faible présence ailleurs. La capacité du groupe à croître en Asie, et à se développer dans le « freight forwarding » (commissionnement de transport) sera observée avec attention.

La maîtrise des charges de La Banque Postale

Développer La Banque Postale, grande réussite de l’ère Bailly, reste la priorité pour la filiale bancaire. Selon trois axes dans le plan stratégique : la citoyenneté, en favorisant le droit au compte, le crédit responsable ou l’accession sociale à la propriété ; les territoires, en multipliant les services de proximité grâce à un réseau sans équivalent ; enfin, l’essor de la clientèle de particuliers mais également d’entreprises et de collectivités locales. Pour ce faire, et renforcer aussi son ratio de solvabilité, La Banque Postale a obtenu du conseil d’administration du groupe jeudi la définition des modalités d’une augmentation de capital de 1 milliard d’euros (200 millions par l’apport de fonds propres et 800 millions via la souscription de titres hybrides). Restera à l’établissement à maîtriser ses charges et son coût du risque pour faire reculer son coefficient d’exploitation (ratio entre les charges d’exploitation et le produit net bancaire), encore à plus de 85 % fin 2012.

Un climat social dégradé

Suite aux suicides de deux cadres sur leur lieu de travail début 2012, Jean-Paul Bailly était enferré dans une polémique récurrente sur la dégradation des conditions de travail. Le « grand dialogue » lancé l’an dernier ne lui aura pas permis de clore le sujet, et le bilan social 2012, qui témoigne d’un absentéisme enraciné à un niveau élevé (6 jours d’absence en moyenne par salarié), alimente les critiques des syndicats. Le nouveau patron devra impérativement ramener la sérénité sur ce sujet, ce qui s’annonce comme une gageure si il faut dans le même temps poursuivre les suppressions d’emplois (2.500 en 2012 selon la direction, 4.800 selon la CGT).

 

Article de presse: Les echos.fr du 4/07/2013

 

 

 

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